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Le FESPACO 2017 et ses innovations

Rencontre avec Salif Traoré, cinéaste malien
  • Le FESPACO 2017 et ses innovations
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Publié le : 28/02/2017

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Le 25ème FESPACO (25 février - 4 mars 2017) est le grand rendez-vous des professionnels des cinémas d'Afrique. Le réalisateur malien Salif Traoré qui le fréquente depuis plusieurs années, pose un regard de connaisseur et de responsable audiovisuel, sur l'édition 2017.

Le 25ème FESPACO de Ouagadougou, Burkina Faso, se place sous le signe du changement. Pour la première fois, la compétition officielle de fictions longs-métrages s'ouvre aux projections numériques. Une évolution souhaitée ardemment par les réalisateurs africains depuis une dizaine d'années. L'autre nouveauté majeure est la suppression de la catégorie Diaspora dont les films sont ventilés dans la sélection officielle du FESPACO. La mesure qui prend en compte l'éclatement des origines et du positionnement géographique des artistes, paraît aussi une manière de combler la défaillance de la production de longs-métrages dans la plupart des pays du continent. Le 25ème FESPACO multiplie les initiatives autour des films de la sélection officielle, répartis en 5 sections, longs et courts-métrages, documentaires, séries télés et films des écoles africaines. Le pays invité d'honneur de cette édition, est la Côte d'Ivoire qui a remporté l'Etalon de Yennenga à deux reprises avec Djeli de Fadika Kramo-Lanciné, en 1981, et Au nom du Christ de Roger Gnoan M'Bala, en 1993. Cet hommage est l'occasion de réévaluer l'apport des réalisateurs ivoiriens et de valoriser l'action de l'ONAC-CI, l'Office National du Cinéma de Côte d'Ivoire, en présence de sa direction. Les échanges et rencontres professionnelles, les conférences et les ateliers, se tiennent pour la première fois dans le cadre du MICA, le Marché International de Cinéma et de la Télévision, qui vise à promotionner la diffusion des produits africains. Ainsi le FESPACO entend cultiver le professionnalisme en se plaçant cette année, sous le thème "Formation et métiers du cinéma et de l'audiovisuel". La réflexion est engagée sur la validité des structures d'enseignement en Afrique, en lien avec les évolutions techniques et l'essor du numérique.

Cette volonté de recentrer l'action du FESPACO vers l'image ne peut que satisfaire l'un de ses fidèles participants, le cinéaste malien Salif Traoré. Il s'y est signalé par ses courts-métrages, attachés à évaluer les traditions, tels Sigida l'environnement, 1994, La Danse du singe, 1998, comme par son long-métrage, Faro, la Reine des Eaux, 2007, perméable à la modernité et à la valeur des esprits. Depuis Salif Traoré a signé des épisodes de série télé, Les Rois de Ségou, 2010, en préparant un nouveau long-métrage, Le Secret de la dune. Cette démarche incite le réalisateur à chercher des alliés au FESPACO auquel il prend part aussi en tant que responsable audiovisuel. Salif Traoré est Secrétaire général de l'Union Nationale des Cinéastes du Mali et Président du Conseil consultatif de la Fédération Panafricaine des Cinéastes. Il est engagé dans le rapprochement de son pays avec le Burkina ainsi que d'autres états du continent, pour y développer le secteur audiovisuel. Son regard sur le 25ème FESPACO auquel il participe, permet d'en mesurer les innovations.

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Une présence attentive à Ouagadougou

- A quel titre prenez-vous part au FESPACO, cette année ?
On organise un colloque avec la FEPACI et j'y viens aussi pour mon prochain projet, Le Secret de la dune. Je viens rencontrer d'autres partenaires financiers pour l'aboutir.

- Trouvez-vous que le FESPACO est un endroit favorable pour démarcher des partenaires et monter des projets ?
Oui, mais il faut les chercher parce qu'il y a souvent ce côté festif qui est là et qui fait qu'il est difficile de les trouver. Mais il faut aller les rencontrer et aussi entretenir les relations après le FESPCO. Beaucoup de choses peuvent être dites pendant mais après il faut qu'il y ait du suivi.

- Depuis combien de temps suivez-vous le FESPACO ?
Je le suis depuis longtemps, précisément depuis 1979 avec Souleymane Cissé. J'ai travaillé avec lui sur ses longs-métrages d'abord en tant qu'assistant, et après j'ai géré la production comme directeur de production. Puis j'ai été délégué de production et je me suis occupé de la distribution de ses films. J'ai parcouru pratiquement toute l'Afrique pour les distribuer parce qu'il n'était pas évident d'exploiter nos films à ce moment là. Je me baladais avec les copies sous les bras donc j'ai vu la plupart des pays d'Afrique Centrale, d'Afrique de l'Ouest. Voilà pourquoi je connais bien le FESPACO.

- A t'il beaucoup changé depuis que vous le connaissez ?
Il a beaucoup changé maintenant parce qu'il y a d'autres dimensions qui sont arrivées et qui font qu'il faut repenser encore un nouveau FESPACO. C'est devenu continental mais il faut d'autres partenaires, pas des partenaires classiques qui ne viennent qu'avec l'argent. Il faut ouvrir le FESPACO à d'autres partenaires financiers qui sont des actionnaires et vont amener de nouvelles idées. Aujourd'hui, le cinéma africain a besoin de marchés. Il est difficile de l'asseoir sur le seul continent africain et il faut l'exporter. Ces partenaires qui seront actionnaires pourront trouver d'autres visions pour nos films et leur donner encore plus de visibilité. Je sais que c'est difficile, et selon mes propres remarques, depuis un certain temps, le FESPACO est devenu une affaire de Burkinabés. Le gouvernement participe financièrement avec ses partenaires. Moi je voudrais aller au-delà et je me suis dit pourquoi ne pas privatiser le FESPACO, faire une ouverture, que d'autres actionnaires arrivent avec de nouvelles idées. C'est vrai que ça peut avoir des conséquences et que ça peut être encore des tapis rouges américains. Mais il ne faut pas tout rejeter en bloc. Il faut accepter les changements mais imprimer la touche africaine. Pour moi, c'est indispensable d'ouvrir ainsi le FESPACO.

Les nouvelles perspectives du FESPACO

- Le festival accepte le format numérique dans la compétition, cette année. Est-ce une bonne évolution pour vous ?
C'est une évolution. Il faut reconnaître que c'est bien de s'ouvrir à ça. Je me rappelle que dans les années 2000, le FESPACO avait comme thème "cinéma et nouvelles technologies". J'ai postulé à l'époque, avec un film que j'ai apporté sur Beta numérique mais il n'y avait pas un seul lecteur numérique pendant le FESPACO. Ca a évolué entretemps et maintenant, il s'ouvre à d'autres formes d'exploitation, de diffusion. J'apprécie beaucoup parce qu'il faut qu'on se mette à l'heure du numérique. C'est très important pour notre cinématographie. C'est un outil accessible et qui améliore aussi notre performance, notre vision d'écrire, de filmer. J'adhère à cette option et je veux que le FESPACO avance là dessus.

- Les sections compétitives du Festival s'ouvrent aussi aux films de la diaspora, sans les mettre à part dans une catégorie spécifique. Ne craignez-vous pas qu'il y ait des cinéastes de la diaspora qui possèdent un niveau technique et des moyens, qui puissent faire ombrage à ceux qui travaillent sur le continent ?
Il faut y aller, il faut s'ouvrir à la diaspora. Pour moi, c'est ce dialogue intercontinental, ces échanges là qui vont permettre à d'autres regards d'avancer. Je dis donc qu'il faut aller dans ce sens, ça apporte aussi d'autres esprits. Et il faut se battre avec ça. Je n'ai aucune inquiétude que la diaspora soit là même si c'est vrai qu'ils arrivent avec, à leur disposition, de la haute technologie. C'est en apprenant avec eux qu'on peut avancer alors pourquoi pas. Ce sont des échanges qu'il faut avoir.

- Pensez-vous qu'on pourrait établir plus de partenariat entre des cinéastes du continent africain et ceux de la diaspora, ainsi que des producteurs des deux cotés ?
Ah oui. Je suis vraiment convaincu qu'il faut aller vers ça. Il faut voir dans cette diaspora des partenaires et non des concurrents. Il y a eu des retenues de la part de ceux qui travaillent en Afrique, et ça se comprend, parce que certains ont cru que c'étaient des gens qui venaient leur voler la place. Mais non, je ne pense pas que ce soit ça. A un moment donné, ce sont des gens qui sont partis et qui sont allés chercher d'autres appuis. Ils les ont eus et ils les ont exploités. Ces avantages, il faut qu'ils les partagent avec ceux qui sont restés. C'est pourquoi il ne faut pas fermer la porte à ceux de la diaspora. Ne les voyons pas comme des concurrents mais comme des partenaires potentiels qui puissent nous aider à faire avancer notre cinématographie.

- Au-delà des échanges proposés par le FESPACO cette année, qu'est-ce qui peut faire avancer le cinéma au Mali, par exemple ?
Comme dans les autres cinémas, je crois qu'on est confronté à un problème de formation. La plupart des pays ne donnent plus de bourses pour le cinéma parce que ça coûte excessivement cher. Donc ce sont des petites écoles qui ont ouvert leurs portes un peu partout en Afrique mais ce ne sont pas vraiment des formations abouties qu'elles proposent. La plupart sont des formations sur le tas. C'est vraiment un des problèmes qu'il faut chercher à résoudre parce que ça pourrait permettre de changer la vision des scénarios. Ca pourrait changer l'écriture des films, la vision du cinéma aussi. Le second problème, c'est le financement. Il faudrait que les Etats intègrent dans leur vision, un fond qui puisse aider la cinématographie. Aider la cinématographie ne veut pas dire gaspiller de l'argent, ni aller sur un terrain aventureux. Ce qu'il faut endiguer, c'est que aujourd'hui, la plupart de nos télévisions sont prises d'assaut par des films de l'extérieur. Cela dénature un peu le comportement de nos enfants. Il faut y réfléchir. Il faut que les Etats prennent leur responsabilité et financent des films qui puissent parler de nous sur nos petits écrans parce qu'il n'y a pas de salles de cinéma. Ce sont les télévisions qui compensent l'absence de salles aujourd'hui. Toutes les visions sont sur le petit écran. C'est là où on peut vraiment toucher, avoir beaucoup de sensibilités. C'est où l'on peut déjà commencer à travailler en attendant de mettre en place des salles. Il faut avoir en tête aujourd'hui, que le cinéma, c'est une industrie. Les salles doivent revenir au premier plan forcement. Car les salles, ça se crée. En Afrique, on dit c'est du gâchis d'en entretenir mais il faut voir à l'extérieur, en Europe et ailleurs, qu'on crée toujours des salles. Et ça marche. Donc il faut avoir cette philosophie de dire qu'il faut rouvrir les salles, avec une dimension de spectacle moderne. Elles peuvent aussi faire office de salle de spectacle ou d'autres choses, d'autres formes culturelles mais toujours avec du cinéma. Donc il faut bâtir des complexes avec d'autres activités qu'on peut y mener. Si le Mali arrive à s'y mettre, le cinéma malien ira vers un développement certain.

La formation en discussion au FESPACO

- Cette réflexion sur la formation dont vous avez parlée, est un des thèmes du FESPACO 2017. Est-ce à dire que aujourd'hui, les cinéastes de votre génération sentent qu'il y a un problème de relève ?
Je me bats pour ça en tant que Secrétaire général de l'Union Nationale des Cinéastes du Mali. J'ai organisé des formations et pour la première, je n'ai pas eu suffisamment d'aides. Alors j'ai obligé l'Etat à donner de l'argent pour que je puisse l'assurer puisqu'il ne finance pas de bourse pour nos étudiants. Les jeunes émergents sont là, ils ont envie de faire du cinéma mais ils n'ont pas de moyens. Ils n'ont pas la culture de base du cinéma. Je me suis battu pour faire cette formation et quand j'ai fait la première session, ils ont vu que ça avait un intérêt et ils m'ont ouvert la porte. Ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas suffisamment d'argent et m'ont orienté vers d'autres partenaires financiers. J'ai trouvé une fondation des Pays Bas qui est venue en aide pour la deuxième édition et j'ai pu faire ainsi trois sessions de formation. Il y a des petits films sympas qui en sont sortis, avec des jeunes qui ont d'autres regards. C'est pourquoi comme le FESPACO cette année, je fais de la formation un cheval de bataille. Il faut qu'elle puisse être partout pour aider les jeunes à émerger.

- Quand vous cherchez des techniciens pour travailler, en trouvez-vous de bon niveau au Mali, par exemple ?
C'est difficile puisque comme je le dis, il n'y a pas de formation. La plupart sont formés sur le tas. Il faut se battre pour qu'il y ait au moins des techniciens à tous les niveaux : directeur photo, cadreur, opérateur son, machiniste. Il faut vraiment faire des formations, au moins une mise à niveau pour permettre à ces jeunes d'occuper leur place. Il n'est pas question pour moi, de faire venir des techniciens d'ailleurs qui vont prendre leur place. Il s'agit de leur avenir, de celui des télévisions qui les concernent. Les jeunes doivent occuper des postes clé pour faire tourner ces télévisions. Je sais que c'est possible si on arrive à mettre en place, un bon circuit de formation, et même s'il est sous-régional. On doit arriver à échanger entre nous. Il faut renforcer la coopération Sud Sud, que les Maliens et le Burkinabés se mettent ensemble pour organiser des ateliers de scénarisation, et d'autres métiers du cinéma. Il faut que le Mali et le Togo se mettent ensemble pour former des jeunes dans les métiers de la caméra et du son. Pour moi, ce serait la meilleure chose pour nos états.

- Lorsqu'il existe des écoles, par exemple dans un pays comme le Burkina Faso, ne dirait-on pas qu'elles ont plutôt tendance à fonctionner de manière interne plutôt que de faire des alliances et des partenariats avec d'autres pays de la sous-région ?
Justement, chacun cherche à ouvrir son école et c'est ce que je condamne. Il faut qu'on se mette ensemble, même pour la postproduction. Il faut qu'on essaie de partager nos acquis. Je peux faire mon film au Mali et avoir la postproduction au Burkina Faso. Il y a une régie pour ça au Burkina alors pourquoi aller ailleurs. Il faut renforcer nos acquis au lieu que chacun veuille faire une école de cinéma de son côté. Ca coûte excessivement cher et il faut se mettre ensemble, c'est là que l'on deviendra plus forts.

- Pensez-vous que parce que l'on consacre des réunions à ces questions de formation au FESPACO, ça débouche sur quelque chose de concret ?
C'est difficile parce qu'il faut reconnaître qu'on n'arrive pas à avoir le même langage. On n'a pas les mêmes problèmes ni les mêmes préoccupations. Mais moi, je tiens à ce qu'on ait les mêmes et que la FEPACI puisse être là pour ça, pour essayer d'unir les acteurs, pour leur dire que l'on se partage les taches. On essaie de cibler, de renforcer les capacités. S'il y a une école par exemple au Togo ou au Burkina, pour les réalisateurs, il faut que les forces s'unissent pour renforcer les capacités matérielles, techniques, et même institutionnelles de cette école. S'il y a une école qui s'ouvre pour les caméramans, ce doit être la même école pour toute la sous-région, et qu'on ne se disperse pas. C'est là où on aura gagné.

Le FESPACO pour rassembler

- Vous semblez prôner la concertation. Est-ce pour cela que pour votre nouveau long-métrage de fiction, Le Secret de la dune, vous cherchez des partenaires hors du Mali, en profitant du FESPACO ?
Bien sûr, et c'est pour ça que j'en cherche durant le FESPACO. C'est un grand projet qui me tient à cœur. C'est un film qui parle de restaurer cette identité culturelle qui est partagée, diversifiée, et qui est presque à l'abandon. C'est une lutte qui pourra faire que beaucoup d'états se rapprochent et fassent front à d'autres adversités. Il s'agit du partage avec tous les pays du Sahel où la rébellion a éclaté. Donc je partage le sujet avec tous ces pays et aussi avec d'autres partenaires d'Europe qui viennent pour des interventions sur nos territoires. Il faut qu'ils sachent certaines choses aussi. On ne vient pas pour endiguer certains problèmes sans en connaître la vraie teneur. Mon film pourra les aider à comprendre beaucoup de choses, à être sur un terrain où ils pourront être beaucoup plus efficaces. C'est pourquoi je souhaite ouvrir mon projet de film à de nombreux partenaires techniques et financiers.

- De quoi traite votre nouvelle fiction ?
Le Secret de la dune parle de cette crise identitaire, de ce nouveau mode de vie qui est en train de venir en nous, et qui n'est que la culture du commerce illicite de produits prohibés, qui gagnent du terrain aujourd'hui. Un corridor est en train de s'installer au vu et au su de tout le monde, avec une force incroyable qu'il faut vraiment chercher à endiguer. Je fais référence à mon pays, le Mali, effectivement, où il y a un thème qui n'est pratiquement pas traité depuis la nuit des temps. Il s'agit de l'esclavage entre une minorité noire et une majorité blanche, ou l'inverse. Ils n'arrivent pas à cohabiter et ça devient une lutte culturelle à priori, mais en arrière fond il y a d'autres aspects qui ne sont pas abordés et qui sont des tabous. Moi, je veux crever l'abcès et dire qu'il y a ça aussi, qu'il faut admettre. Dans cette dimension, il y a l'esprit de ne pas se faire dominer par la culture noire. Or aujourd'hui, on est obligés de marcher ensemble parce qu'il y a des alliances à plaisanterie entre nous, entre ceux du nord et ceux du sud. Certaines régions du Mali ne sont pas touchées à cause de ces alliances.

- Mais pensez-vous que les spectateurs comme ceux que vous rencontrez au FESPACO, sont prêts à voir quelque chose qui aborde la base des conflits et des problèmes qu'il y a aujourd'hui au Mali, plutôt que de regarder des téléfilms plus décontractés et plus soft ?
Nos spectateurs sont beaucoup plus avancés que cela. Ils sont en quête de nouvelles idées, d'autres images qui peuvent les instruire, les cultiver davantage. Il y a cette crise identitaire qui s'est installée, en particulier au Mali, et il faut revenir sur ça pour l'endiguer, parler de beaucoup de choses qui puissent permettre d'aller vers une diversité culturelle. C'est important qu'on aille vers ça pour éduquer, sensibiliser et avancer ensemble.

Propos recueillis et introduits par Michel AMARGER
(Africiné / Paris)

Crédit image : DR

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